L’histoire matérielle d’un film nitrate, deuxième partie : la préservation - Texte 1
Des copies d’exploitation à la matrice
Jusqu’ici, notre scénario fictif a décrit l’histoire matérielle du film, retraçant les multiples trajectoires que peuvent suivre une œuvre de création et les éléments physiques produits pour sa duplication et sa distribution. Pour les besoins de la démonstration, supposons que l’un des éléments de notre étude de cas – la copie no 36, un positif nitrate – ait été trouvé quelque part, puis acquis par une cinémathèque pour être intégré à la collection permanente de celle-ci. Cet élément est considéré comme le seul ayant subsisté de ce titre. Messager solitaire de ce qu’a autrefois pu être l’œuvre de création, cet élément devient alors le protagoniste d’une tout autre histoire dont le cadre est « l’art et la technique de la préservation cinématographique ».
