La fin de la lune de miel entre Netflix et le septième art? - Texte 1

À mesure que les années ont passé, les propos triomphalistes d’un Sarandos, lorsqu’il prétendait que c’est par sa plateforme que passait désormais « l’art du film », se sont en effet confrontés à la réalité. L’identité paradoxale et assumée d’El Chapo Netflix avait pourtant de quoi séduire : pour certains cinéastes vénérés, réputés et à la mode, la plateforme peut certes paraître offrir une promesse de vitalité, mais il s’agit là d’une revitalisation passagère, probablement, qui s’accompagne à bien des égards d’une dévitalisation bien réelle du cinéma-en-tant-que-septième-art, ne serait-ce que parce que la plateforme amène ces stars dans son camp alors qu’elle souhaite, dirait-on, la mort des auteurs – elle ne fait en tout cas rien pour les placer au-devant de la scène.

La dilution ou la dissolution de l’auteur

Combien en effet d’auteurs sont nés de la cuisse de Netflix? Difficile de répondre à cette question, d’autant que, comme les chiffres du box-office virtuel des plateformes sont gardés secrets, les réalisateurs ont de la difficulté à faire valoir leur potentiel attractif dans leurs négociations avec les producteurs. En outre, au contraire des usages propres au cinéma-institution, une plateforme comme Netflix est plus que discrète sur le nom même des réalisateurs dont elle diffuse les œuvres. Pour un titre aussi prestigieux que The Power of the Dog, ce que l’on trouve comme information, au premier abord sur le site, ce sont le titre de l’œuvre, le nom des acteurs, la mention des genres auxquels le film peut correspondre et ses « qualités ». Nulle trace du nom de la cinéaste Jane Campion!

Pour trouver le nom de la cinéaste, on doit faire preuve d’une certaine curiosité. Il faut ainsi cliquer sur le mot « plus » qui apparaît à la suite de la liste des acteurs principaux pour être redirigé vers le bas de la page et avoir enfin accès au nom de l’autrice, sous la rubrique « À propos ».

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