Décorateur/décoratrice en cinéma d’animation, le cas de Persepolis - Texte 5
Franck Miyet, le chef de la trace, préparait tous les plans en encrant un posing qui servait de référence pour le plan. Il déterminait ainsi l’épaisseur de tous les traits afin de rendre harmonieux l’ensemble. Ensuite, Zaza (chef déco) récupérait ce posing tracé pour travailler en valeur l’image dans sa globalité (décor et personnages). Par exemple, certains traits ont été passés en blanc pour pouvoir être visibles. Cela participe d’un travail d’équipe, afin que chacun œuvre pour le même film au lieu de se concentrer uniquement sur sa partie. Ainsi, l’intégration des personnages dans le décor devient plus facile, évitant le reproche que l’on peut lire sous la plume de René Laloux, qui évoque ces films où les « personnages dessinés ne “collentˮ pas au décor, n’étant pas “intégrésˮ[5] », parce que chaque département a œuvré à part, avec un rythme et des objectifs différents.
Ainsi, le suivi de la fabrication de Persepolis porte un éclairage sur la façon dont se met en place le travail du décor pour un film d’animation — création du trait, mais aussi création de la matière et de la lumière —, ce qui le rapproche des problématiques propres au décor fait de prises de vues réelles, tout en le différenciant.
