Couper - Texte 6

L’action de couper est donc largement répandue : elle est utile à de multiples phases de la chaîne de production-exploitation des films. D’un agent à l’autre (ouvrière spécialisée, opérateur de projection, etc.) et d’une finalité à l’autre (prévoir un raccord, pratiquer une réparation, etc.), la précision varie, notamment dans l’attention portée au choix des photogrammes à couper. Mais l’outillage reste le même – le plus souvent de simples ciseaux. C’est de ce point de vue qu’apparaît, au début des années 1920, la principale innovation en matière de « coupe », non pas dans les ateliers des fabricants (où le coupage et le collage définitifs sont plutôt dissociés), mais du côté des exhibiteurs : en 1922, la société allemande Ernemann lance sur le marché américain un nouveau film patcher destiné aux projectionnistes, le Cutanscrape, un instrument muni de griffes et d’une lame qui permet d’effectuer la coupe avec une « précision mathématique[2] », même pour des opérateurs de projection n’ayant aucune connaissance préalable de la réparation de films. C’est très progressivement, lorsque le processus de montage ne sera plus divisé en plusieurs étapes, que l’usage des colleuses à guillotine se généralisera dans les ateliers de fabrication.

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ark:/17444/882409/6565

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