Couper - Texte 3

Les films à trucs ont indiscutablement contribué à complexifier les techniques de coupe et d’assemblage. Mais c’est sur un autre terrain que celles-ci ont connu davantage de développements. Quelques décennies après The Execution of Mary, Queen of Scots, dans la seconde moitié des années 1920, la notion de raccord, qui n’était pas absente de la pensée des tout premiers cinématographistes, s’est transformée progressivement pour désigner la production d’une impression de continuité, par l’atténuation du hiatus provoqué par l’enchainement de deux plans hétérocadres. Bien que déjà anticipé sur le plateau par le script assistant (ou continuity clerk, chargé de noter les différences entre les prises et les changements que le tournage opérait sur le découpage), le repérage du point de coupe optimum devient alors central à la phase d’assemblage. Ce repérage est aussi facilité, depuis environ 1925, par l’utilisation de visionneuses de type Moviola ou Lyta.

Les élagages sont effectués le plus souvent sur un positif, obtenu après qu’on a procédé sur le négatif aux coupes qui le débarrassent des prises les moins satisfaisantes. Sont donc opérées sur ce positif des coupes, non plus de prises non retenues, mais de tableaux et de portions de tableaux, afin de constituer une première version : le « premier positif ». À partir de cette matrice positive, on procède au « premier montage du négatif », qui l’harmonise à la forme définitive qu’on aura conférée au premier positif. Vient ensuite une sorte de « démontage », le « montage du négatif pour tirage », impliquant une nouvelle série de coupes servant à réunir les tableaux qui peuvent être tirés ensemble, soit ceux qui nécessitent le même temps d’exposition.

Identifiant

ark:/17444/882409/6562

Export