Couper - Texte 1

Dans la pratique du montage cinématographique, « couper » signifie ôter un morceau de pellicule. Mais cette définition se complexifie dès qu’on prend en considération les aspects techniques du geste qu’implique cette action et qu’on se demande si la coupe survient sur une pellicule négative ou positive ou en quels lieu et temps elle a été effectuée – au laboratoire, avant la finalisation de la copie, ou dans la salle de projection, au moment de sa diffusion, ce qui engage des outils et des gestes très différents, relevant d’agents qui le sont tout autant (opérateurs de prise de vues, personnes en charge de l’assemblage, opérateurs de projection, etc.). Dans ce contexte, on ne peut plus envisager le couper comme un simple geste ou une simple action, mais comme un technème.

La plupart des premières vues cinématographiques ne nécessitaient pas que la pellicule soit coupée : généralement, la vue était projetée telle qu’enregistrée. Pourtant, couper la pellicule a très tôt permis de résoudre les problèmes pouvant survenir lors de l’enregistrement d’une vue, en particulier lors d’une interruption momentanée (prévue ou imprévue) du tour de manivelle. Dans pareil cas, le défilement de la pellicule ne s’arrête pas immédiatement et l’appareil enregistre alors quelques images défectueuses (sous-exposées ou voilées). Il peut donc s’avérer nécessaire de couper ces images du négatif et, ensuite, de coller celui-ci, afin d’assembler les morceaux séparés. Une telle opération laisse alors sur le positif une trace, un liseré en haut de l’image, sans que celui-ci comporte une collure matérielle.

Identifiant

ark:/17444/882409/6560

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