Outils graphiques - Texte 1
Le choix des instruments utilisés dans le cadre de la gravure sur pellicule dépend de plusieurs facteurs, non seulement esthétiques (tel outil produira tel type de configuration visuelle), mais également pratiques, puisque déterminés en partie par le support de la représentation, à savoir la pellicule. Trois grandes orientations peuvent être distinguées : le travail sur l’amorce noire (techniques de grattage), celui sur la pellicule transparente (techniques de peinture ou de dessin), et celui sur la pellicule déjà impressionnée (techniques de collage, de découpage, etc.)[1]. Le passage d’un instrument à un autre ne répond dès lors nullement à une logique « d’amélioration » de la technique, en vue de déterminer, après plusieurs tests, quels seraient les « meilleurs » instruments pour travailler la pellicule, mais bel et bien à une démarche d’ordre plastique (utiliser tel outil pour produire tel ou tel effet).
Comme le note Pierre Hébert, « il n’existe pas d’instruments destinés spécifiquement[2] » à la gravure sur pellicule. Le choix des outils est personnel et « dépend de facteurs physio-psychologiques (comment ma main bouge-t-elle?) et de facteurs esthétiques (quel genre de dessins est-ce que je veux faire?)[3] ». Pour Hébert, et dans le cas de sa pratique personnelle, il est cependant « à peu près inévitable d’avoir recours à la fois à des pointes (pour le travail au trait) et à des lames (pour le travail des surfaces)[4] ». Là où le choix s’opère plus précisément, c’est relativement aux caractéristiques techniques de ces pointes et lames, notamment en ce qui concerne l’angle qui les distingue : s’il est obtus, remarque l’animateur, il « permet de tracer un trait bien net dans la couche d’émulsion. [À l’inverse], si l’angle est trop aigu, le sillon a tendance à se refermer derrière la pointe[5]. »
Parmi les outils potentiellement utilisables se trouvent les plumes (à vaccin, par exemple, aussi appelées « vaccinostyles »), qui permettent de varier l’épaisseur du trait tracé (selon que l’on utilise la pointe ou le côté de l’instrument). Norman McLaren a pu mettre en évidence l’intérêt de cet outil, dont on peut utiliser « n’importe quel type courant », mais dont on peut privilégier, dans la production de dessins animés, les modèles « durs » par rapport aux plus souples, « parce [qu’ils] permettent de conserver plus aisément la même épaisseur de trait dans toutes les images ». Il précise à ce titre que, « pour des traits très fins, il convient d’utiliser des plumes tubulaires Josef Gillott ou des plumes analogues[6] ».
