Les masques stéréoscopiques pour le jeu vidéo - Texte 3
Dès le dévoilement du Virtual Boy, les consommateurs sont loin d’être emballés par la console[5], et l’engouement n’a jamais atteint le niveau espéré. Rapidement, on caractérise le Virtual Boy d’échec sans équivoque; la console est retirée du marché après seulement six mois et compte moins de 800 000 unités vendues[6]. Plusieurs facteurs ont contribué à la réception plutôt tiède du Virtual Boy. Les chercheurs Matt Zachara et José P. Zagal en soulignent six qui sont aussi reconnus par d’autres experts et journalistes.
On note d’abord l’identité floue de cette console, à mi-chemin entre un appareil portable comme le Game Boy et une console régulière comme la Super Nintendo. Difficile d’imaginer le Virtual Boy comme étant portatif, puisqu’un trépied est nécessaire pour l’utiliser[7].
Les qualités visuelles de la console n’impressionnent pas non plus ses utilisateurs. Comme le processeur doit calculer une image pour chaque œil, l’apparence des jeux ne se compare pas avec la Super Nintendo, déjà sur le marché depuis 1991, ou la nouvelle PlayStation de Sony. Malgré la technologie de stéréoscopie, une image monochrome rouge n’était pas des plus attirantes[8]. Une version couleur a été considérée, mais les coûts auraient été beaucoup plus élevés selon Yokoi. Aussi, le choix de la DEL rouge est justifié par sa consommation moins énergivore en plus d’être plus facile à distinguer à l’écran[9].
