Les masques stéréoscopiques pour le jeu vidéo - Texte 1
C’est pendant la saison estivale de 1994 que Nintendo dévoile le Virtual Boy, projet de réalité virtuelle d’abord connu sous le nom de code VR32 et développé par la Research and Development Team 1, dirigée par Gumpei Yokoi. Connu pour plusieurs produits célèbres et appréciés, comme le Ultra Hand (premier jouet chez Nintendo), le Game Boy, le Game & Watch, Dr. Mario et Metroid, Yokoi est tout indiqué pour mener un tel projet. C’est d’abord parce qu’elle est susceptible d’encourager davantage la créativité chez les développeurs de jeux vidéo que Yokoi s’intéresse à cette technologie proposée par RTI (Reflections Technology Inc.), une compagnie basée au Massachussetts[1]. Malgré quelques réticences — la console n’affiche qu’une seule couleur —, Nintendo et Gumpei Yokoi vont de l’avant avec ce projet de console audacieux.
Contrairement aux casques contemporains, le Virtual Boy se décrit davantage comme un masque étant donné l’absence d’un harnais pour le porter sur la tête. Pour l’utiliser, le joueur doit appuyer son visage sur la console fixée au sommet d’un support, ce qui lui donne l’apparence d’un microscope ou encore d’un droïde tout droit sorti de La guerre des étoiles[2]. Une fois installé, on peut ajuster la focale et la distance entre les deux yeux afin de s’assurer que l’image soit aussi nette que possible. Côté son, le casque est doté de haut-parleurs stéréo situés de chaque côté de la tête, en plus de laisser aux joueurs la possibilité d’y brancher leurs propres écouteurs.
À l’intérieur de sa coque rouge, le Virtual Boy est propulsé par une puce 32 bits RISC qui projette une image monochrome rouge vers chaque œil du joueur. L’illusion des trois dimensions est créée par une technologie développée chez RTI qui utilise conjointement deux écrans DEL, deux miroirs oscillants et deux lentilles. Les miroirs vibrent légèrement et forcent le cerveau à interpréter l’image avec une certaine profondeur[3].
