Le passage au numérique : les tables de mixage - Texte 2

Les magnétophones des auditoriums, de type Revox, permettent des effets de plus en plus complexes. Ces effets s’entendent d’abord sur les disques 33 tours, puis au cinéma. Dans les années 1960, avec le développement de la stéréophonie pour la musique jazz puis pop, le public s’habitue à un son plus sophistiqué. Les expériences sonores de Pet Sounds (album des Beach Boys, 1966) et de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (album des Beatles, 1967) généralisent l’utilisation d’effets sur les pistes magnétiques. À la suite des travaux de Phil Spector (arrangeur et producteur de musique), les enregistrements d’album pop et rock deviennent complexes, avec des jeux d’échos et de réverbérations, des filtres variés et la multiplication des pistes.

Le mixage des pistes magnétiques multiples est possible au cinéma pour les versions 70 mm de certains films comme 2001: A Space Odyssey (Stanley Kubrick, 1968), uniquement dans quelques salles. Le grand public s’équipe de chaînes haute-fidélité dans les années 1970. Mais très peu de salles de cinéma peuvent passer autre chose que du mono. Dans les années 1960 et 1970, la diminution de la taille du matériel électronique facilite la fabrication d’appareils plus puissants.

En 1975, Robert Altman sort Nashville. Une table de mixage est conçue par Jim Webb et développée par Jack Cashin avec 15 entrées et 8 pistes. Nashville contient des mixages complexes de plusieurs pistes simultanément, à la fois pour les dialogues (qui parfois se chevauchent) et pour la musique (jouée en direct). Dans certaines salles, Nashville est diffusé en stéréo. La stéréo avait fait une apparition dans les années 1950 (au moment de la 3D et du Cinémascope), mais elle ne se répand vraiment dans les salles qu’à partir du succès de Star Wars et du Dolby Stereo (1977). Cela ouvre de nombreuses possibilités de mixage sur des consoles de plus en plus complexes. Le long travail de mixage d’Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979), sous la direction de Walter Murch, montre que des dizaines d’éléments sonores peuvent être mélangés pour faire ressentir la jungle ou une bataille. Jusqu’à 110 pistes sont parfois mixées dans la même séquence. Les tables de mixage, prévues pour des enregistrements musicaux ou de radio, sont de plus en plus utilisées sur les mixages de film (par exemple, les marques Neve en 1977 et Studer en 1978)[3]. Le son mixé en auditorium peut être diffusé dans les salles grâce à un transfert du son magnétique vers le son optique sur les copies 35 mm.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

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Date de modification de la fiche

2022-10-03

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