Concevoir un décor, du chef décorateur au production designer - Texte 2
Depuis les débuts du cinéma jusqu’à aujourd’hui, les maquettes ne cessent de se transformer à l’image de l’activité des décorateurs. Cette dernière évolue effectivement au rythme des incessantes mutations technologiques du matériel d’enregistrement ou de diffusion des images mouvantes et des sons. Elle se nourrit également des échanges culturels internationaux de plus en plus fréquents entre professionnels. De ce fait, les changements ont influencé l’appellation des décorateurs, puisqu’à présent on peut tout aussi bien les qualifier de production designer, de set decorator ou de concept artist. Mais la place ou le rôle du décorateur au sein de la création filmique s’est-elle, elle aussi, modifiée? Voilà la question à laquelle on répondra en étudiant les profils de décorateurs à l’aune de documents préservés à la Cinémathèque française.
Pour Lucien Aguettand (1901-1989), qui fut chef décorateur entre les années 1920 et 1960, le décor de cinéma est la représentation de « la psychologie des lieux[2] », à savoir la manifestation sensible des idées et des sentiments exprimés dans chaque scène. Héritier du savoir de ses mentors, tels que Robert Mallet-Stevens ou Auguste Perret, Aguettand se spécialise en architecture.
