La visualité du film - Texte 4
En 1927 apparaît donc le film du « prestigieux metteur en scène[10] », annoncé dans la presse dès 1925 et dont la sortie est suivie d’un grand nombre de publications. La nature de ces textes n’est pas toujours claire — critique, promotion, compte rendu —, mais la grande majorité se plaît à souligner que le génie du film de Gance vient de sa capacité à concilier matériel et esthétique, plaçant l’un au service de l’autre. Une innovation en particulier attire l’attention des journalistes : le triple écran. Large dispositif sur lequel sont projetées trois images provenant de trois projecteurs synchrones, il permet, selon Jean Arroy, des « possibilités expressives […] infinies[11] ». Il est alors possible de « projeter simultanément trois prises de vues différentes, trois rythmes optiques d’une cadence similaire, ou différente, ou contraire, de conjurer des images non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace[12] ». Imaginer les multiples combinaisons possibles laisse le lecteur rêveur, fort d’un enthousiasme ouvrant la voie à de nouvelles dimensions pour le cinéma.
