La visualité du film - Texte 1

Ce qui relève du matériel du cinéma est bien présent dans les discours, mais derrière la mention de tel ou tel appareil, les explications restent approximatives. Les textes traduisent le regret que certains prennent la parole pour s’exprimer sur ce qu’ils ne connaissent pas, faisant perdurer la confusion sur ce que désigne le terme « technique ». Dans un texte au titre évocateur, « Faites de la technique… mais qu’on ne la voit [sic] pas[1] », Abel-Pierre Richard, lui-même ingénieur, offre une réponse à un article d’Edmond Éparnaud qui se plaignait de « l’abus de technique[2] ». Richard explique une idée qu’il formulera très clairement dans sa contribution sur la technique pour le volume 6 de L’art cinématographique, publié en 1929 : « [d]ans tout film, il y a deux parties distinctes qui devraient avoir entre elles une étroite liaison et qui restent pleinement indépendantes […] la partie mise en scène et la partie technique[3] ». Parce qu’elle doit être maîtrisée et subtile, il faut éviter de laisser paraître cette technique à l’écran. Elle doit être « invisible et imperceptible[4] ». Mais Richard concède qu’il y a un problème inhérent à l’organisation de l’industrie cinématographique : il est difficile d’expérimenter ailleurs que dans les productions elles-mêmes. L’écran devient donc le laboratoire d’artistes qui doivent malgré tout se rappeler la conclusion du texte de Richard : avant de faire de la technique, il importe de l’apprendre.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/75927c/4433

Date de modification de la fiche

2022-06-24
2023-01-02

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