La sonorisation et la distribution de Beyond the Rocks - Texte 2
Techniquement, la première opération aurait pu être réalisée de deux façons, tantôt en créant de nouvelles images à partir d’une interpolation des images existantes, tantôt en dupliquant des images existantes. Les résultats des tests effectués conduisirent les restaurateurs à choisir la seconde option, car l’interpolation créait des images aux allures étranges et difficilement acceptables. Enfin, la création de nouvelles images, et ce, même par interpolation, revient à ajouter du contenu susceptible d’être interprété, à tort, comme faisant partie de l’œuvre originale, ce qui soulève des questions éthiques. Si ces interventions sont mal documentées, elles peuvent aussi devenir irréversibles. Pour éviter ces écueils, l’option choisie consista à doubler une image sur trois (c’est-à-dire 123 345 667 899…), technique qui a l’avantage d’être reconnaissable et réversible. Par contre, ce choix a pour inconvénient de créer un effet légèrement saccadé pouvant être perçu à la projection. En réalité, seul un œil très averti est en mesure de remarquer cet effet, qui est d’ailleurs plus prononcé sur des images combinant un mouvement latéral et des prises de vues panoramiques.
Enfin, pour la bande maîtresse du DVD, de la projection numérique et de la télédiffusion, la simulation des teintes originales fut réalisée selon une autre approche. Alors que la méthode Desmet, qui repose sur un processus chimique, avait été employée pour produire les copies argentiques du film, un processus numérique fut utilisé pour la production des versions numériques. Dans ce second cas, des filtres de couleur simulant les teintes originales furent appliqués de façon automatique sur l’image numérique en noir et blanc.
