Les méthodes de restauration à l’épreuve : le nettoyage des rayures - Texte 3

Les méthodes photochimiques

Avant que les technologies numériques ne soient appliquées à la préservation du cinéma, les rayures posaient un problème de taille pour les laboratoires, car il était impossible de supprimer celles qui avaient été faites sur des positifs ou des négatifs d’une génération précédente (rayures qu’on dit alors « rephotographiées »).

Lorsque l’émulsion d’un film est rayée, des fragments du contenu visuel sont éliminés et ne peuvent être récupérés par des procédés photochimiques, à moins que la rayure ne soit très superficielle. Dans ce cas-là, on peut dépolir puis repolir l’émulsion pour qu’elle se dilate légèrement et qu’elle remplisse la rainure. Les rayures situées à la base du film sont, d’une certaine façon, plus faciles à traiter, car elles n’entraînent pas la perte de contenu visuel. La saleté et les taches de poussière peuvent être nettoyées avant le tirage et la projection au moyen de plusieurs méthodes (aujourd’hui, la meilleure semble être le nettoyage à l’ultrason dans un bain chimique). À l’étape du tirage, deux techniques permettent de réduire l’aspect ou d’éviter l’apparition des traces de rayures sur la base de la copie.

Dans la première (assez rare de nos jours), connue sous le nom de « diffusion de lumière », la source de lumière utilisée pour le tirage est dirigée à partir de différents angles, de façon qu’un maximum de lumière entre dans les rainures selon un angle de 90 degrés, comme pour le reste de la surface plane de la pellicule. Ce procédé ne requiert aucun produit chimique, mais l’image en résultant perd en contrastes et peut paraître moins nette que l’original.

La seconde méthode, le « tirage humide » ou « tirage par immersion », est beaucoup plus efficace. Elle implique l’utilisation d’une tireuse dotée d’une fenêtre optique contenant un récipient dans lequel baigne une substance chimique. Celle-ci est tellement transparente qu’elle peut remplir les rainures, donnant à la base de la pellicule une apparence plus lisse pendant que la lumière émanant de la tireuse la traverse perpendiculairement. C’est la meilleure méthode photochimique pour tirer d’une pellicule rayée des copies d’excellente qualité. Seules les rainures les plus profondes laisseront une trace résiduelle de leur présence.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/69770p/4392

Date de modification de la fiche

2022-07-31

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