Marquage chronométrique - Texte 4
La fin des années 1970 correspond encore à un stade de recherche et d’expérimentation, où certains fabricants de caméras, de tables de montage, de magnétophones testent les systèmes de marquage chronométrique codé proposés par l’UER et la SMPTE[10]. En 1978, à la demande de la Société française de production (SFP), la société Aaton adapte l’une de ses caméras (Aaton 7) au code UER et y installe son propre procédé de marquage en clair[11]. En collaboration avec Stefan Kudelski, qui installe également un générateur de code sur le Nagra IV, la société grenobloise modifie donc le couloir de défilement de la caméra et conçoit quatre horloges mères.
Défense du marquage en clair face au système codé
Peu après le salon Film 77 de Londres, Beauviala publie dans les revues Sonovision et American Cinematographer un article présentant son système de marquage en clair (appelé alors Aaton Numerals) comme un avantage notable par rapport au code UER (ou EBU)[12]. Nécessitant une seconde pour atteindre sa stabilité et l’inscription du code, ce procédé rend en effet difficile l’enregistrement du temps sur des prises courtes. De plus, il s’avère coûteux et peu adapté au montage film[13], puisque le décodage, qui impose la lecture par une machine, oblige le technicien à travailler à l’aveugle. Aaton se démarque donc en proposant un système directement lisible (par l’œil humain) qui facilite le travail du technicien, et en fabriquant une machine de lecture et d’impression du code, nommée Adage. S’adaptant à la transparence inhérente au support argentique, qui doit être coupé et monté à la main, contrairement à la bande vidéo, le marquage en clair réaffirme la place de l’homme dans la chaîne technique autant que la spécificité du médium filmique.
