Choix de la pellicule - Texte 1
Si, à l’évocation du travail de la gravure ou de la peinture sur pellicule, la question des outils utilisés par les cinéastes vient assez immédiatement en tête, une autre question s’avère en réalité déterminante en premier lieu : celle du support sur lequel la production graphique va être réalisée, à savoir la pellicule en elle-même. Or, il n’y a bien sûr pas de choix neutre à ce niveau. D’ores et déjà, opter pour une amorce noire ou une pellicule transparente implique un positionnement technique particulier : soit l’on choisira de travailler par retrait de matière (les outils servant alors à creuser l’amorce noire pour produire les traits de la future représentation), soit par ajout (la peinture, l’encre, etc., s’additionnant dans ce cas à la pellicule transparente, utilisée comme support de dessin). Or, comme l’explique Pierre Hébert, « ce sont là deux univers techniques radicalement différents[1] ». En effet, ce choix détermine par exemple, dès le départ, le travail de régistration du cinéaste, c’est-à-dire sa manière de se repérer sur la pellicule sur laquelle il grave ou dessine.
