Notes sur la matérialité du webdocumentaire - Texte 2
Prenons le cas de The Whale Hunt (2007) de Jonathan Harris[1]. Ce projet interactif documente en photographies le voyage de neuf jours de Harris de Newark (New Jersey) à Barrow (Alaska), périple au cours duquel il a participé à une chasse à la baleine annuelle organisée par les Inupiats. Harris s’est servi d’un chronomètre de façon à ce qu’une photo soit prise automatiquement toutes les cinq minutes sur l’ensemble de la période. À ce « rythme de base » s’ajoutaient d’autres clichés pris pendant les temps forts du séjour, comme la première capture avec « un rythme maximum de 37 photos en cinq minutes »[2]. Les 3214 photos résultant de ce travail furent classées par ordre chronologique et diffusées sur un site les rendant automatiquement visibles et accessibles. Trois interfaces de visualisation ont été créées : la mosaïque, la roue et la ligne du temps. Lorsque l’on choisit une photo (d’un clic de souris) dans l’une des interfaces, on en obtient une version en haute définition accompagnée de métadonnées descriptives. Ces données concernent la cadence, la couleur, le contexte, le concept et les participants. Les légendes des photos peuvent être affichées ou cachées. Les photographies défilent automatiquement l’une après l’autre et leur progression peut être interrompue à tout moment. L’internaute recule ou avance à son rythme sur cette ligne temporelle. Il ou elle peut également modifier les paramètres. Par exemple, si on restreint la ligne temporelle aux photographies de la première capture, seules les photos de cet événement s’afficheront.
