Caméra en mouvement et films sur étagères - Texte 2
Ce sont plusieurs individus lions du Tsavo qui ont innocemment croisé le parcours d’Akeley lors d’un épisode charnière de chasse traditionnelle au lion en 1910. Dans cette savane de l’Afrique orientale britannique, il veut saisir la vitalité des lions, la spontanéité de leurs mouvements face aux tirs de lance des chasseurs Nandi, mais la caméra entre ses mains ne coopère pas. La frustration laisse place à l’existence conceptuelle de la caméra Akeley :
Les chasseurs Nandi entonnaient leurs chants bizarres, mais il n’y avait aucune joie dans le cœur d’Akeley. Son épouse, qui s’était tenue à ses côtés durant toute la scène, ne put retenir ses larmes, mais Akeley n’était pas de ceux qui se laissent aller à exprimer leurs émotions, et il est peu probable que les Nandi aient compris ce qu’il disait dans sa langue étrange.
Il se tourna vers Mme Akeley et la réconforta de ces mots : « Ce n’est pas grave, nous reviendrons ici un jour et, à ce moment-là, j’aurais construit une caméra capable de filmer tout cela. »[1]
