Une brève archéologie des dispositifs immersifs monumentaux et collectifs - Texte 4

Ainsi, la salle de cinéma est en elle-même spectacularisée et présentée comme un lieu en soi immersif. À partir du début des années 1930, ces salles font progressivement place à un nouveau type de salle dite « moderne », qui se caractérise par l’emploi de matériaux moins coûteux, des détails moindres ainsi qu’une décoration plus minimale, au profit d’une attention dirigée directement vers l’écran et sur le film. Quant aux écrans élargis présentés sur une surface plate ou incurvée, un certain nombre de procédés (Natural Vision, Fox Grandeur, Vitascope, Realife) sont inventés dans la foulée de l’avènement du cinéma parlant, sans s’implanter durablement à ce moment de l’histoire des salles. En 1927, le système à écrans larges Polyvision, spécialement conçu pour la projection du film Napoléon d’Abel Gance, présente une vue exceptionnellement étendue dans un ratio 4:1, trois images filmiques étant juxtaposées pour former un triptyque, pour la scène finale du film.

Mais c’est au cours des années 1950 que l’écran large finit par s’imposer dans les salles de cinéma. En effet, alors que la télévision se répand dans les foyers, l’industrie modifie ses pratiques et intègre les formats d’image élargis à son arsenal dans le but de spectaculariser la projection cinématographique et de se distinguer du format réduit du petit écran. Parmi les multiples procédés déployés au début de cette décennie, on compte le Cinérama, créé par Fred Waller en 1952, qui ressemble au Polyvision : il diffuse côte à côte les images synchronisées de trois projecteurs sur un écran incurvé. Un autre système populaire, le CinémaScope, commercialisé par Fox et présenté pour la première fois en 1953, procède plutôt par l’anamorphose de l’image à la prise de vues et à sa désanamorphose à la projection. Le principe du système anamorphique existait déjà depuis plus d’une vingtaine d’années; il avait été développé en 1926 par Henri Chrétien sous l’appellation « Hypergonar », et Paul Grimault l’avait notamment utilisé pour Phénomènes électriques, présenté sur écran géant à l’Exposition universelle de Paris en 1937. D’autres procédés à écrans élargis, comme VistaVision, Panavision, Todd-AO, Technirama et Cinemiracle, font également leur apparition à cette époque où la dimension spectaculaire de l’image cinématographique se déploie, en même temps que celle du son, des technologies visant l’appareillage des salles pour un son stéréophonique étant développées pendant cette décennie.

C’est également à cette époque que plusieurs salles circulaires proposant des projections sur 360 degrés sont présentées dans les expositions universelles et les parcs d’attractions, notamment l’attraction Circarama, installée en 1955 dans le parc thématique Disneyland et qui devient en 1967 le Circle-Vision 360. De même, en 1963, le Circlorama, basé sur le principe du Cinéorama avec des images diffusées sur une surface cylindrique, ouvre à Londres.

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Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

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Date de modification de la fiche

2022-11-21

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