Caméras à l’écran, miroir de la pratique cinématographique - Texte 10

Ce bref parcours de modalités de représentation d’appareils de prise de vues dans les films de fiction nous permet de constater que la caméra, en tant que machine de vision, est souvent mise en scène comme un « corps » doté d’un point de vue, qui peut nous être proposé d’emblée, configurant une sorte de leurre, ou après coup, suivant une structure de champ-contrechamp axée sur le regard. Ce qui est « vu » est alors présenté plein cadre sous la forme d’une image du film en tant que telle ou bien comme la vision appareillée d’une personne derrière l’appareil, avec l’ajout de marqueurs visuels, par exemple le réticule d’un système de visée. Objet de scène, la caméra devient une sorte d’interface, aussi bien pour l’individu dont le regard investit le monde que pour celui ou celle qui est l’objet de ce regard. Dans le premier cas de figure, les réalisateurs, chefs opérateurs et autres détenteurs d’appareils sont les garants de la production d’images pouvant s’ingérer dans le film auquel on assiste. Dans le second, les personnes filmées semblent osciller entre la répulsion – les victimes du Peeping Tom – ou l’attraction – Charlot, ou encore Norma Desmond dans Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950). Quoi qu’il en soit, la présence d’un appareil à filmer sur l’écran fait toujours événement : « The cameras have arrived », annonce solennellement Max à Norma à la toute fin du film de Wilder, marquant l’apothéose du délire narcissique de la protagoniste qui s’avance vers nous, éblouie par les projecteurs.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2024

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2024. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/567778/6393

Date de modification de la fiche

2024-06-27

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