Caméras à l’écran, miroir de la pratique cinématographique - Texte 7

La thématisation d’une situation de tournage contemporaine de la réalisation du film s’affirme principalement à partir des années 1960, que ce soit à Hollywood, avec un intérêt marqué pour les dynamiques socio-économiques du travail dans les grands studios, ou en Europe, où la réflexion sur les différentes dimensions de la fabrication d’images de film semble être prépondérante. Dans Le mépris (Jean-Luc Godard, 1963), l’aspect discursif et autoréflexif est exemplairement illustré par le générique, célèbre, au cours duquel le chef opérateur Raoul Coutard manie une Mitchell[1], la même qui figure au sein du film. Installé sur un grand chariot sur rails, il se trouve de profil et filme en travelling latéral une assistante de production qui, jouant les doublures, avance vers nous, tandis qu’un preneur de son et d’autres techniciens les accompagnent. Un mouvement de cadre finit par isoler en contre-plongée Coutard, qui tourne l’appareil de prise de vues vers nous, de manière à ce que l’objectif, entouré de son parasoleil, nous fasse front. Dans cette mise en abîme où deux objectifs « se regardent », le thème du tournage prend corps à partir de l’image signifiante de la caméra et de l’acte de filmer.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2024

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2024. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/567778/6390

Date de modification de la fiche

2024-06-27

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