Introduction - Texte 1
Lorsque l’on évoque le terme « dessin animé », un certain imaginaire se déploie assez instantanément, dont les composantes principales reposent en grande partie sur un modèle industriel hérité des productions de Walt Disney[1]. Il y aurait beaucoup à dire, d’un point de vue épistémologique, sur les raisons de cette acception, qui s’éclaire en partie lorsque l’on aborde ces objets filmiques à l’aune de leur dimension technique. De fait, ce modèle industriel ne vient évidemment pas de nulle part, et la logique technique qui le sous-tend a une longue histoire, qui s’inaugure en grande partie aux États-Unis dans un contexte qu’il convient d’interroger.
Il serait aisé d’affirmer que l’industrialisation du dessin animé s’opère dans une logique d’évolution esthétique : l’enjeu serait ici l’intégration désirée à la production courante, et passerait par divers procédés nouveaux visant un produire un dessin animé plus « réaliste », c’est-à-dire plus proche des photographies animées telles que les spectateurs ont l’habitude de les voir à cette époque. Or, au-delà des questions posées par une telle hypothèse (comment entendre ici le terme « réaliste » autrement que comme une adaptation à des codes de représentation liés à un contexte singulier, celui du cinéma des années 1910?), il convient de remarquer qu’elle ne peut nullement être envisagée, au départ, comme le but à atteindre pour les premiers studios de dessin animé fondés à New York.
