Histoire du son immersif au cinéma - Texte 6
La Twentieth Century Fox s’investit dans les systèmes sonores immersifs avec le film La tour infernale de John Guillermin en 1974. Le procédé de la Fox consistait à recourir au gonflage 70 mm afin de disposer de six canaux sonores qui seront répartis d’une manière non standardisée. Trois des pistes sonores seront utilisées pour la stéréophonie de scène, et les trois autres pour les murs latéraux et pour le fond de la salle. Les spectateurs se sentaient alors prisonniers dans les flammes de l’incendie. Les effets étaient également saisissants, et le film fut mis en nomination aux Oscars pour la qualité de la bande sonore.
Avec la commercialisation de procédés sonores plus accessibles, tels que les procédés Ultra-Stereo, Dolby Stereo, Quintaphonic Sound, etc., pour des films comme Tommy de Ken Russell (1975), La guerre des étoiles de George Lucas (1977), Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (1979), Tess de Roman Polanski (1979), etc., le son immersif devenait à la portée de toute l’industrie du cinéma et allait se généraliser. Il allait surtout être utilisé de manière beaucoup plus subtile et en adéquation plus raisonnée avec un équilibre entre le fond et la forme.
Il est important de souligner ici l’apport capital des laboratoires Dolby dès la fin des années 1970 dans la course vers l’amélioration de la qualité du son au cinéma. La situation était devenue urgente, principalement en raison de l’apparition de complexes cinématographiques où les salles et les écrans étaient devenus gigantesques. Dolby gagna la bataille des procédés grâce à un système économique, mais complexe, et très élaboré : le Cinema Processor Dolby. Il comprend les circuits suivants : un système de réduction du bruit de fond et d’augmentation de la dynamique sonore, de la bande passante (augmentation du registre des basses et hautes fréquences) et de l’accessibilité à la stéréophonie avec des sons arrière ainsi qu’une réduction considérable de la distorsion. Le système Dolby Stereo (celui utilisé pour la première fois avec La guerre des étoiles) permettait en plus de restituer un effet sonore « enveloppant » (surround en anglais) en utilisant uniquement deux pistes audio[1]. La société Dolby commercialisa par la suite de nombreux autres procédés présentant toujours des améliorations. Cet encart présente l’un d’eux, le Dolby Stereo Spectral recording, commercialisé en 1986.
