Histoire du son immersif au cinéma - Texte 4
Rapidement, le procédé à quatre pistes magnétiques de la Twentieth Century Fox pour les copies 35 mm CinemaScope allait s’avérer onéreux et complexe à utiliser pour l’exploitation courante. Il était pourtant le seul procédé sonore immersif destiné à la grande exploitation. Il faut souligner que le procédé proposé à l’ensemble des majors consistait à exploiter des copies enregistrées avec quatre pistes magnétiques permettant une stéréophonie de scène à trois voies ainsi que l’obtention d’effets sonores arrière. L’ensemble des appareillages nécessaires étaient relativement coûteux, et bon nombre d’exploitants refusèrent de s’équiper. La Fox proposa alors rapidement des solutions plus économiques, comme un système à deux pistes sonores, une pour la scène et une pour les sons arrière. Les petites salles, quant à elles, ne s’équipèrent qu’en monophonie. En fin de compte, la solution originelle de la Fox fut rarement utilisée.
Il n’en fut pas de même pour le procédé 70 mm, qui allait être, à l’exception de quelques très rares cas, le seul système permettant de poursuivre l’expérience audiovisuelle avec sons immersifs jusqu’à l’arrivée du son Dolby en 1977, puis sa généralisation. Dans la plupart des procédés basés sur le 70 mm (comme le Todd-AO), 65 mm étaient réservés à l’image et 5 mm étaient dédiés aux sites sonores. Parmi les productions 70 mm les plus significatives, il faut souligner des œuvres telles que Le tour du monde en 80 jours (Michael Anderson, 1956), Ben-Hur (William Wyler, 1959), Spartacus (Stanley Kubrick, 1960), West Side Story (Jerome Robbins et Robert Wise, 1961), Lawrence d’Arabie (David Lean, 1962) et My Fair Lady (George Cukor, 1964), pour ne citer que celles-là, qui présentaient toutes une bande sonore immersive remarquable. Il faut également souligner l’importance accordée aux sons immersifs par la MGM lors de la sortie de Ben-Hur, tourné avec le procédé MGM Camera 65 (qui deviendra l’Ultra Panavision 70, puis le Super Panavision 70). La MGM avait établi un cahier des charges important et imposait ainsi l’installation de haut-parleurs arrière en nombre suffisant, donnait des directives par rapport au niveau sonore, exigeait un contrôle de la qualité des installations, proposait un renforcement des basses fréquences, etc.
