Histoire du son immersif au cinéma - Texte 2

L’histoire du son immersif au cinéma débute vraisemblablement avec la version sonore du très célèbre Napoléon d’Abel Gance, réalisé en 1927 et sonorisé à partir de 1934. En 1932, Abel Gance et André Debrie déposent un brevet pour un dispositif de reproduction sonore stéréophonique multidirectionnel avec possibilité d’effets latéraux et de profondeur qu’ils nommèrent « Perspective sonore ». Dès 1935, ils l’expérimenteront pour la version sonore du Napoléon présenté au cinéma Paramount à Paris et, l’année suivante, pour le film Un grand amour de Beethoven. Le son du film était dirigé selon l’action à l’écran dans une multitude de haut-parleurs disposés partout dans la salle. L’expérience d’Abel Gance resta toutefois sans lendemain.

Dans le même temps, aux États-Unis cette fois, le procédé Magnascope, qui consistait à agrandir subitement la dimension des images lors de séquences importantes des films, était utilisé en 1936 pour la production de la MGM San Francisco du réalisateur W. S. Van Dyke, par exemple. L’effet d’agrandissement des images devait être spectaculaire pour l’époque d’autant plus que la bande sonore était alors reproduite en même temps dans toute la salle à l’aide d’une série de haut-parleurs disposés sur les murs latéraux et dans le fond de la salle, englobant ainsi totalement les spectateurs. Le film obtint l’Oscar du meilleur son.

Peu avant l’entrée en guerre des États-Unis, plusieurs grands studios ont exploité des procédés sonores très sophistiqués, comme le procédé stéréophonique Vitasound de la Warner ou le procédé Hi-range monophonique modifié de la RKO. Le procédé Vitasound de la Warner Bros, utilisé pour seulement deux productions de Michael Curtiz, Four Wives (1939) et Santa Fe Trail (1940), recourait à un système complexe de répartition sonore sur trois haut-parleurs avant. Le son monophonique du film était dirigé selon l’action à l’écran grâce à des signaux de commande enregistrés sur une piste spéciale se trouvant sur la copie d’exploitation. Le procédé Hi-range a principalement été utilisé pour le célèbre Citizen Kane (1941) de la RKO afin de répondre aux desiderata d'Orson Welles. Il recourait à une méthode d’enregistrement pour son optique augmentant la dynamique sonore du double de la normale et nécessitait l’ajout d’amplificateurs et de haut-parleurs puissants dans les salles de la RKO.

Le procédé Fantasound, conçu par les studios Disney et la RCA, peut aussi être considéré comme une étape importante dans l’histoire des sons immersifs. Pour la scène finale du film d’animation Fantasia, sorti en 1940 par les studios Disney, la musique (l’Ave Maria de Franz Schubert) était reproduite en stéréo sur les trois haut-parleurs de scène au début de la séquence, et le son passait ensuite progressivement vers le fond de la salle à l’aide de plusieurs groupes de haut-parleurs disposés le long des murs latéraux, enveloppant ainsi progressivement tous les spectateurs. Ce type d’expérience immersive était relativement rare.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Verscheure, Jean-Pierre

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/526706/3880

Date de modification de la fiche

2022-03-07

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