Filmer un décor, l’équipe tournage au complet - Texte 3

L’équipe décor prend de plus en plus en compte ces éléments lors de la préparation, mais aussi et surtout lors de l’étape du tournage, épaulée par les scriptes qui restent à la pointe de la chasse aux erreurs. Pourtant, en dépit d’une expertise sans cesse renouvelée, les scriptes ne peuvent empêcher certaines erreurs, mentionnées dans leurs rapports de scriptes[1], mais parfois maintenues au montage afin de conserver malgré tout ce qui peut apparaître comme la meilleure intention en termes de jeu d’acteur, au centre de l’attention de la plus grande partie des spectateurs.

À ce titre, le décor joue au tournage son rôle majeur d’écrin pour l’interprétation des comédiens et la création des personnages du film. Certains metteurs en scène insistent pour que les décors, même fabriqués, soient remplis dans leurs moindres recoins, placards et tiroirs inclus. Dans le même ordre d’idées, certains acteurs évoquent dans leurs entretiens la solitude qu’ils peuvent ressentir face à un plateau vide, typique d’un tournage sur fond vert ou plus généralement en studio virtuel, comme on en trouve déjà une application précoce avec les plans truqués de Mary Poppins de Robert Stevenson, dès 1963. L’enjeu ici est évidemment économique, mais change totalement la dynamique du tournage. Ainsi, en pleine mode numérique, le réalisateur David Twohy, malgré le budget relativement modéré de ses Chroniques de Riddick en 2004, a fait le choix de faire construire les décors à hauteur d’acteurs, pour favoriser leur jeu mais aussi la mise en scène finale :

J’ai vu de nombreux films où les réalisateurs ont choisi de mettre les acteurs devant un écran vert, avec un décor et des accessoires minimums. Résultat, les acteurs font très attention à ces contraintes, et ont tendance à rester très près du peu d’accessoires dont ils disposent. Je ne voulais pas faire ça à mes acteurs, je voulais leur donner une vraie liberté de mouvement et d’interaction avec l’espace. Mais il fallait aussi qu’ils puissent voir le lieu, pour s’en imprégner, l’absorber, et sentir la taille de ces mondes, en particulier celui des necromongers. Cela aide les acteurs, vraiment. Et deuxièmement, pour l’équipe de la caméra. Si on avait tout fait en fond vert, j’aurais dit à l’équipe : on met la caméra ici, on fait tel type de plan, et elle aurait vu le résultat le soir de la première. Mais si on construit le décor, avec les statues, les colonnes, tout à coup l’équipe peut se permettre de chercher des angles différents : et si on prenait la scène depuis l’épaule d’une statue[2]?

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/52330w/4034

Date de modification de la fiche

2022-04-06
2022-09-12

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