La modélisation 3D - Texte 6

Une marionnette programmable et modulaire

Automation

Ce qu’apporte la dimension numérique à l’animation par modélisation 3D est la capacité d’intégrer des règles directement dans le code de l’objet représenté, en programmant notamment des mouvements automatiques ou des limitations anatomiques. Cela permet d’éviter des erreurs physiologiques, comme une tête humaine tournant dans un angle de 360°, et de faciliter la manipulation du modèle. De plus, Rickitt souligne que certains mouvements sont directement causés par un autre, phénomène qu’il appelle « hiérarchisation ». Il donne l’exemple suivant : « […] lorsqu’un être humain bouge le bras, l’avant-bras, le poignet, la main et les doigts bougent tous dans une certaine mesure.[6] ». Ce que le numérique en tant que technologie permet, c’est de programmer à même le modèle 3D la hiérarchisation des mouvements afin d’automatiser ceux-ci. L’automation est un principe des nouveaux médias tel que décrit par le théoricien des médias Lev Manovich, selon qui « le codage numérique des médias (principe 1) et la structure modulaire d’un objet média (principe 2) permettent d’automatiser de nombreuses opérations liées à la création, à la manipulation et à l’accès aux médias[7] ». Un média numérique a donc la capacité d’opérer des actions de façon automatique, à la condition que les règles de ladite automation soient programmées antérieurement à la manipulation du modèle.

L’utilisation de l’automation permet aux animateurs d’économiser temps et énergie, alors que la hiérarchisation, ou l’animation en trois dimensions de façon générale, demandait une grande minutie à l’époque analogique. Il fallait répéter les mêmes gestes pour chacun des mouvements, sur chaque photogramme, et ce, en gardant conscience des besoins de continuité mécanique. Pour Jason et les argonautes (Chaffey, 1963), lors de l’animation de la scène de combat entre sept soldats squelettes (en stop-motion) et trois héros (captés en prise de vue réelle), Ray Harryhausen devait animer manuellement tous les mouvements des monstres, soit 35 mouvements séparés pour chaque photogramme, tout en s’assurant de rester en raccord de mouvement avec les protagonistes en prise de vue réelle[8]. Cette scène à elle seule a demandé quatre mois et demi de travail à Harryhausen, avec un rythme quotidien de 13 photogrammes effectués par jour, et ce, pour une séquence animée d’environ cinq minutes. Il va sans dire que l’animation traditionnelle en stop-motion requiert une grande charge de travail, et que l’automation des modèles numériques permet de réduire celle-ci.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Houde, Marilou

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/51647j/6083

Date de modification de la fiche

2023-06-18

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