Manuels

On distinguera deux types de manuels de cinéma sans caméra : d’un côté, les livres techniques destinés à un public déjà initié aux fondements du cinéma d’animation image par image; de l’autre, des ouvrages d’initiation pour débutants.

Cinq manuels existent en langue française ou anglaise. D’autres titres peuvent avoir été disponibles, mais soit nous ne les connaissons pas, soit ils n’ont pas une portée aussi importante que les suivants :

  • McLaren, Norman. Cinéma d’animation sans caméra. Montréal : Office national du film du Canada, Service d’information et de publicité, 1958.
  • Bourgeois, Jacques, Andrew Hobson et Mark Hobson. Cinéma d’animation sans caméra. Paris : Dessin et Tolra, 1973.
  • Hill, Helen, dir. Recipes for Disasters: Handcrafted Film Cookbooklet, 2e éd. Autoédition : 2005.
  • Woloshen, Steven. Recipes for Reconstruction: The Cookbook for the Frugal Filmmaker. Montréal : Scratchatopia Books, 2011.
  • Woloshen, Steven. Scratch! Crac! et Pop! Une méthode simple et conviviale pour réaliser des films sans caméra. Montréal : Scratchatopia Books, 2015.

Il est à noter que la plaquette de Norman McLaren, le livre de Jacques Bourgeois et le dernier ouvrage en date de Steven Woloshen sont disponibles en français et en anglais. En outre, trois des cinq manuels ont d'abord été autoédités : la logique de fabrication de ces ouvrages semble aller de pair avec la logique « underground » de fabrication des films sans caméra, qui récupère et réutilise les matériaux d’autres films, sans aucune industrie pour soutenir de telles expériences.

Deux des manuels se présentent par ailleurs comme des livres de cuisine et impliquent un certain rapport à l’ouvrage (qu’on lit) et à l’œuvre (qu’on pourra créer). Comme on le sait, le livre de cuisine ne s’adresse pas aux chefs de restaurant, mais à tout un chacun pour s’exercer chez soi. Il s’agit de proposer des recettes de base, mais selon les instruments, les ingrédients, la dextérité du cuisinier ainsi que son imaginaire, le résultat est voué à produire des rendus différents. De même, l’animation sans caméra n’est pas industrielle et n’a pas vocation à être répétée.

Il faut toutefois distinguer les publics auxquels sont destinés ces ouvrages. Norman McLaren visait d’abord les animateurs expérimentés qui ont une idée de comment animer. C’est pourquoi il ne propose pas de recettes, mais plutôt les outils et réflexes nécessaires à une pratique adéquate de l’animation sans caméra. Il ne revient pas sur les principes de l’animation comme les expose Jacques Bourgeois dans une perspective d’initiation ou de cinéma amateur. Son manuel commence par rappeler quelques points clés généraux avant de se centrer sur l’animation sans caméra et de proposer idées et exercices. Pour le bénéfice du grand public, il indique tout de même que la façon la plus simple et la moins onéreuse d’appréhender le mouvement est de se défaire des matériaux principaux, notamment de la caméra et de la pellicule à développer. Un film noir ou blanc, quelques feutres, peintures ou éléments du quotidien pour graver l’émulsion, et la possibilité de voir le mouvement d’une image à l’autre en jetant un coup d’œil sur le ou les dessins précédents, sont beaucoup plus pratiques.

Les deux ouvrages de Woloshen possèdent également une visée pédagogique mais, publiés en 2011 et en 2015, à un moment où le numérique explose, ils incitent les lecteurs à utiliser des matériaux qu’on croyait voués à disparaître et cherchent dès lors à sensibiliser à la pellicule, à sa disparition progressive comme à ses spécificités. Bien que l’approche technique y soit similaire, ces deux livres ne sont pas pour autant écrits à l’intention des mêmes personnes. Le premier, dont le titre est un hommage à celui d’Helen Hill, explique les préparatifs requis pour la réalisation d’une série de films, même s’il nécessite des connaissances préalables. Le lecteur novice n’y trouvera pas son compte, mais le plus expérimenté verra là une invitation à créer ses propres recettes et à développer son imaginaire technique à partir des idées de Woloshen. Le second manuel constitue, quant à lui, l’équivalent grand public du premier : le matériel dont il y est question est plus facile à obtenir et les compétences requises, moins nombreuses.

Helen Hill, pour sa part, s’adresse à ceux qui fréquentent le milieu du cinéma « fait main ». Son livre, disponible en téléchargement, est un fascicule présentant les recettes créatives que différents expérimentateurs lui ont fait parvenir, à la main ou à la machine, de façon plus ou moins formelle ou anarchique. Il est intéressant de noter que Woloshen, qui travaille comme archiviste à l’ONF, s’inscrit dans une perspective proche de celle adoptée par Hill, propre au cinéma expérimental plutôt qu’au cinéma d’animation. La différence est peut-être, comme il le rappelle, que l’animateur aura toujours son intérêt tourné vers le produit fini, alors que, pour l’expérimentateur, le processus de création est fondamental. C’est ce qui donne à leurs manuels toute leur importance.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2020

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2020. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/48565v/68

Date de modification de la fiche

2019-06-27
2022-09-20

Se conforme aux schémas

Est un média associé au contenu

Export