Le cinéma 3D et l’effet d’émergence - Texte 2
À l’instar de plusieurs films de l’époque, House of Wax fait un usage particulier des effets de relief, aussi appelés « effets d’émergence », « effets de jaillissement » ou « effets pop-out »[5]. Il s’agit d’effets stéréoscopiques en parallaxe négative donnant l’impression que des éléments en relief issus du film, souvent des projectiles, traversent l’écran en sortant du cadre pour se retrouver dans l’espace de la salle. Dans une scène particulièrement connue, un aboyeur (barker) invite le public à entrer au musée. Pour attirer l’attention, il manipule un bolo (jokari) et envoie sa balle sur les passants. À plusieurs reprises au cours de son racolage, l’aboyeur regarde la caméra comme s’il s’adressait au spectateur, semblant personnellement l’inviter, tout comme les passants, à entrer au musée. Ce faisant, il manie sa raquette de telle sorte que la balle qui y est rattachée par un élastique rebondit vers et hors l’écran, en émergence vers le spectateur. Cela est un exemple typique de cette technique couramment utilisée et visant, tout comme le Cinérama à la même époque, à dissimuler le cadre séparant l’espace du film de celui du spectateur, suggérant l’idée que ces espaces n’en sont qu’un seul, et accentuant l’impression de continuité entre le film et la salle.
