Le cinéma 3D et l’effet d’émergence - Texte 1

La stéréoscopie s’échelonne sur une longue histoire, qui n’est pas exclusive au cinéma en salle. Vers le milieu du XIXe siècle, plusieurs inventeurs, dont Wheatstone en 1838 et Brewster en 1849, participent à l’élaboration d’appareils individuels, des stéréoscopes, servant à visionner des images fixes en trois dimensions. On les retrouve autant dans des salles de classe que dans les foyers des familles bourgeoises. Entre le milieu du XIXe siècle et les années 1930, une série de procédés et d’inventions liés à la stéréoscopie s’enchaînent rapidement, et les dépôts de brevets se multiplient, pour les images stéréoscopiques fixes comme animées.

Quant au cinéma en relief, il connaît une période particulièrement faste, quoique brève, dans les salles américaines du début des années 1950[1]. Les studios hollywoodiens sont au début réticents à adopter le relief, puisque cette technologie nécessite des ajustements à la fois lors de la production et de la projection, et coûte très cher. Mais en novembre 1952, le film Bwana Devil remporte un vif succès dès ses premières présentations sur les écrans américains, si bien qu’on voit apparaître par la suite de nombreux projets stéréoscopiques, dont une fraction seulement seront toutefois tournés et diffusés en salles. En 1953, le cinéma en relief est même vu comme le « sauveur de l’industrie cinématographique américaine[2] ».

Parmi les films stéréoscopiques produits pendant cette période, House of Wax (L’homme au masque de cire, en version française) est réalisé en 1953 par André De Toth et rapporte de lucratives recettes. Il s’agit du premier long métrage 3D à être présenté en salle avec son stéréophonique, et les images stéréoscopiques de ce film d’épouvante servent particulièrement bien son sujet : l’action se déroule au tout début du XXe siècle, dans un musée de cire new-yorkais, et le relief permet d’envisager les figures sous leur forme tridimensionnelle, telles qu’on les verrait en visitant la chambre des horreurs d’un musée. Ainsi, la trame narrative du film, dont les effets de relief et de profondeur sont d’ores et déjà planifiés au moment de l’écriture du scénario[3] (par Crane Wilbur), met particulièrement en valeur la dimension haptique de la stéréoscopie[4].

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Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

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© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

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ark:/17444/48225j/4226

Date de modification de la fiche

2022-11-21

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