Introduction : un cinéma en crise - Texte 2
La situation particulière que le choc pandémique a fait vivre aux arts du spectacle en général et au cinéma en particulier a ainsi permis de renforcer la tendance à l’hégémonie de la diffusion en continu des films, par plateforme numérique interposée, sur l’exploitation du cinéma en salle. Comme le déclarait, en 2020, le directeur de la Cinémathèque québécoise, « ce sont toutes nos habitudes qui sont mises à mal par la pandémie, et parmi celles-là nos habitudes cinéphiliques, à commencer par notre foi dans le rituel de la projection, de la salle et du grand écran[6] ». Il existe en effet dans la fréquentation des salles obscures quelque chose de « religieux » pour ces « croyants » que sont les cinéphiles invétérés, qui croient essentiel le cérémonial de la salle de cinéma, seul lieu de culte qui serait pleinement légitime pour communier vraiment avec une œuvre filmique.