Le Cantar - Texte 1

Le Cantar est un enregistreur sonore numérique multipiste qui a été conçu dans le prolongement du Aaton InDaw — un appareil de numérisation du son pour la postproduction, développé par l’entreprise grenobloise. Avec le Cantar, Jean-Pierre Beauviala s’était donné pour objectif principal d’articuler harmonieusement une grande exigence en termes de performances techniques à une pensée du geste humain. Selon lui, « la main doit se poser naturellement sur une machine, qui en est le prolongement[1]. » Or, il considérait qu’aucun des fabricants d’enregistreurs sonores numériques n’avait pris en compte cette donnée. Ainsi, la conception du Cantar repose sur une approche ergonomique tout à fait différente de celle de ses concurrents et vient combler un besoin alors exprimé par nombre d’opérateurs déçus de l’offre sur le marché des enregistreurs numériques.

Cette nécessité d’une articulation entre la technique et l’humain remonte aux origines du travail de Jean-Pierre Beauviala, c’est-à-dire à son projet de film sur Grenoble, qu’il voulait « multicanal » grâce à plusieurs Nagra III reliés à la caméra. Le Cantar est à replacer dans le rapport au corps qu’entretient un opérateur avec sa machine et que Beauviala a tenté de faire évoluer tout au long de sa carrière, principalement dans le domaine de la prise de vues argentique. Cette pensée de l’humain et cette importance accordée à l’ergonomie des machines sont très importantes pour beaucoup d’ingénieurs du son, redoutant une machine qui n’est « pas faite pour l’homme[2] ». Beauviala a conçu le Cantar avec des ingénieurs du son et l’a modifié avec leur collaboration, recueillant également les avis des loueurs ou de monteurs, faisant du Cantar le résultat d’un travail collectif susceptible de répondre aux besoins les plus concrets des différents corps de métier concernés.

Un appareil de grande qualité technique

Le Cantar est reconnu pour la grande qualité technique et la fiabilité de ses composantes matérielles. Les préamplificateurs micros ont été très soignés — Jean-Pierre Beauviala et Jean-Pierre Charras ont beaucoup travaillé sur ce point précis. Le disque dur est situé au cœur de l’appareil, protégé des chocs à la fois par un système de suspension breveté[3] et par les autres éléments moins fragiles comme le bloc d’alimentation et les batteries, ce qui constitue une réelle sécurité pour le preneur de son, mais aussi pour le réalisateur et son producteur. La mixette est étanche et permet un travail en extérieur, même dans des conditions météorologiques difficiles. L’enregistrement est possible sur huit pistes simultanément[4]. Au même moment, le Nagra V ne pouvait enregistrer que sur deux pistes simultanément[5], et le DEVA II de Zaxcom (cette entreprise étant la référence aux États-Unis) que sur quatre pistes[6]. Le nombre d’entrées (14) est également supérieur, puisqu’il n’était que de neuf pour le DEVA II (dont une seule entrée micro analogique) et de cinq pour le Nagra V (dont seulement deux entrées micro analogiques).

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Identifiant

ark:/17444/40357f/2350

Date de modification de la fiche

2020-12-15

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