Prolonger un décor, un travail (très) spécial - Texte 1
Depuis Méliès, les décors de cinéma se sont toujours développés en relation étroite avec les trucages, mais avec une certaine discrétion. En effet, au cinéma, de manière générale, les chefs décorateurs disent souvent qu’un décor réussi est un décor qui ne se remarque pas. Il en est de même pour les trucages liés au décor, qui sont souvent imperceptibles aux yeux du spectateur. Georges Méliès, dans « Les vues cinématographiques », a expliqué que « lorsqu’il s’agit d’illusions […], l’invention, la combinaison, les croquis des trucs et l’étude préalable de leur construction demandent un soin tout spécial[1] ». Ce « soin tout spécial » accordé à la conception des trucs de cinéma souligne leur qualité à réaliser des images qui ne pourraient être capturées telles quelles par un appareil d’enregistrement. On observe déjà avec Méliès ce caractère « spécial » des trucages affectant la conception même des décors du film et du jeu des comédiens au milieu de celui-ci, par rapport à la normalité de la simple prise de vues.
