Les phases-clef - Texte 2
Selon ses propres descriptions, ce principe vise ainsi avant toute chose à contrôler le rythme d’une action dépeinte. McCay a ainsi pu décrire son travail sur Gertie :
Lorsqu’elle [Gertie] était allongée sur le flanc, je voulais qu’elle respire à un certain rythme et j’ai donc essayé de me baser sur ma montre […] pour voir combien de temps il lui fallait pour inspirer ainsi que pour expirer. Je n’arrivais pas à déterminer une durée précise, jusqu’à ce qu’un jour je me retrouve en train de travailler en présence d’une grande horloge avec un cadran des secondes marquant précisément les intervalles de temps. Je me suis tenu devant cette horloge et j’ai inspiré et expiré pour découvrir que, en imitant le grand dinosaure, j’inhalais en quatre secondes et expirais en deux. Le résultat était que lors du déroulement du film, au lieu d’un dinosaure haletant comme on aurait pu le craindre, elle respirait de manière très naturelle. La respiration était montrée par les flancs du monstre se gonflant et se contractant comme un soufflet[2].
Comme Claudie Collomb a pu le remarquer, « les films se déroulant à 16 images/seconde, McCay avait calculé qu’il fallait 64 dessins lorsque Gertie inspirait, et 32 lorsqu’il [sic] expirait[3] ». La technique a donc pour but de produire un mouvement plus « réaliste », c’est-à-dire plus proche de notre appréhension de la réalité.
