Le montage en URSS et ses quinze procédés de base selon Semion Timochenko - Texte 4

6. Le flash-back (obratnoe vremja, littéralement « temps inversé »)

Timochenko conseille de montrer préalablement l’espace « au présent » au spectateur afin de ne pas le brouiller, ou d’introduire le « passé » par un carton, une fermeture d’iris ou un regard rêveur du personnage, ce qui, selon lui, sert de « signe conventionnel », d’avertissement au spectateur quant à la nature passée des événements montrés. L’auteur souligne aussi la possibilité d’enchaîner des fragments d’une extrême brièveté provenant de scènes montrées plus tôt, ce qu’il a lui-même fait dans Napoleon-gaz.

7. Le flash-forward (buduščee vremja, littéralement « temps à venir » ou « futur »)

L’attribution d’une valeur de futur n’est possible que si la scène est présentée comme une suite logique de ce qui vient d’être montré.

8. Le montage d’actions parallèles

S’appuyant sur des exemples de Griffith, l’auteur décrit ce type de montage en conseillant de changer à chaque fois de point de vue ou d’échelle de plan.

9. Le procédé du contraste

Il ne fonctionne que si les échelles de plan, le matériau visuel et les angles de vue peuvent être rapprochés immédiatement par le spectateur.

10. Le procédé d’association

C’est celui dans lequel Eisenstein est passé maître, en montrant par exemple des statues de lions se dressant au moment où l’éponyme cuirassé riposte contre l’oppresseur dans Le cuirassé Potemkine (Броненосец Потёмкин, 1925) ou un bœuf se faisant égorger au moment où le peuple se fait massacrer dans La grève (Стачка, 1925).

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