Le montage en URSS et ses quinze procédés de base selon Semion Timochenko - Texte 3

1. Le changement de lieu

Ce procédé associe des plans situés dans des lieux différents. Remarquant la tendance du spectateur à inférer des temporalités aussi éloignées que les distances entre les lieux sont importantes, Timochenko cite Balász pour souligner l’impossibilité de revenir sans transition à la scène première si la distance qui sépare les lieux présentés est trop importante. Il insiste aussi sur le besoin de concentrer l’attention du spectateur uniquement sur les détails signifiants.

2. Le changement de point de vue

Il associe sous différents angles des plans d’un même lieu. Si au fil de sa description du procédé précédent Timochenko soulignait l’inutilité de montrer des plans généraux du moment où le spectateur devient familier avec l’environnement, son second procédé repose quant à lui sur la présentation préalable de ces plans généraux pour donner des repères au spectateur.

3. Le changement d’échelle

Il permet, par exemple, de mettre en relief un détail du jeu de l’acteur, de sa mimique. Ce procédé ne présente d’intérêt que lorsqu’il s’agit d’un moment émotionnellement fort.

4. La mise en évidence d’un détail

Dérivée du procédé précédent, cette mise en évidence peut être préparée (si le détail est visible dans le plan général) ou non. Selon l’auteur, le premier cas renforce le dramatisme de la scène, tandis que le second, exemplifié dans l’ouvrage par un gros plan sur le titre d’un livre, produit un effet comique ou inattendu.

5. Le « montage analytique » (analitičeskij montaž)

Il consiste à enchaîner plusieurs détails construisant une action dont le spectateur doit opérer la synthèse. Il ne peut être utilisé qu’à de rares moments, car il exige un maximum d’attention de la part du spectateur.

Identifiant

ark:/17444/36599m/6600

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