Le montage en URSS et ses quinze procédés de base selon Semion Timochenko - Texte 2

En guise d’entrée en matière, une distinction entre l’invention du cinématographe (kinematograf) et la naissance de l’art cinématographique (kino) – survenue « quelque part entre 1907 et 1915[5] », grâce à l’usage conscient du montage, nous dit l’auteur – annonce ce qui sera en fait au cœur de cet ouvrage à visée ouvertement pédagogique : la présentation de « quinze procédés de base du montage[6] ».

Timochenko établit ces quinze procédés à partir d’exemples tirés de films marquants – tant soviétiques qu’étrangers et appartenant tant aux avant-gardes qu’au cinéma commercial –, de citations de Balász, Kouléchov, Poudovkine et Eisenstein et d’analyses d’Alexandre Belenson, l’un des premiers auteurs avec Kouléchov à avoir traité de montage en Russie. Ses références montrent qu’il suit de près la réflexion sur le cinéma qui se développe en Union soviétique et que son ambition est d’en offrir une approche synthétique à visée pratique. La description qu’il fait des différents procédés lui permet au passage de commenter ses propres découpages de scénarios non réalisés et les problèmes qu’il remarque dans les films de ses collègues, tout comme il en profite pour s’extasier ponctuellement face à la virtuosité d’un Griffith, d’un Eisenstein ou d’un Vertov.

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