Les Akeley specialists - Texte 4
La spécialisation des usagers de la Akeley permet leur intégration sociale dans le système hollywoodien. On affirme que la caméra, le Akeley specialist et son assistant forment un trio, un agencement sociotechnique[7]. D’un côté, ce dispositif assure la capture standardisée d’actions extraordinaires, comme une course de chevaux ou une bataille d’avions, qui souvent ne peuvent pas être reproduites à cause de leurs conditions particulières de production. Quelques années après l’arrivée de la Akeley à Hollywood, un spécialiste comme Ira Hoke est tellement demandé pour assurer la capture de ce type de séquence qu’il doit refuser certains projets[8]. D’un autre côté, la surspécialisation de ces opérateurs qui maîtrisent un seul appareil limite leur adaptation à l’évolution constante des technologies. Alors qu’il faisait souvent la promotion de la Akeley au sein de l’ASC et du Junior Cameramen’s Club dans les années 1920[9], Hoke souligne dès le début des années 1930 l’imperfection de ce type d’appareil pour le tournage des films sonores[10]. Comme ces derniers vont rapidement dominer le marché, la Akeley et leurs spécialistes seront de moins en moins en demande. Ironiquement, le spécialiste de la capture d’objets en mouvement Ira Hoke, dépassé par cette évolution, se redirigera alors vers la photographie de plateau.
