Effet phi - Texte
Souvent confondu avec la persistance rétinienne (capacité de l’œil à mémoriser une information quelques instants après que cette dernière ait disparu), l’effet phi est un phénomène physiologique permettant de percevoir un mouvement là où il n’y a que des images fixes successives. Lorsque l’œil perçoit, à la suite, un objet dans deux positions différentes, plutôt que de transmettre une impression de discontinuité, le cerveau compense en connectant les deux images et comble l’absence de transition avec celle qui lui semble la plus vraisemblable. Cette transition prend la forme d’un mouvement reliant les deux points.
C’est cet effet qui est à l’origine de l’illusion du mouvement cinématographique, reposant sur la diffusion très rapide d’une succession d’images fixes. Plutôt que d’avoir l’impression d’une superposition d’images légèrement différentes les unes des autres, nous avons la sensation d’un mouvement continu. On le voit, le fonctionnement est le même qu’il s’agisse du cinéma en prises de vues réelles ou du cinéma d’animation. D’où l’approche de certains théoriciens estimant que le cinéma tout entier repose sur le principe de l’animation, au-delà de la différence institutionnelle entre prises de vues réelles et films animés.
Bibliographie
- Mannoni, Laurent. Étienne-Jules Marey. La mémoire de l’œil. Paris : Mazotta/Cinémathèque française, 1999.
- Cholodenko, Alan. « The Animation of Cinema ». The Semiotic Review of Books 18, no 2 (2008) : 1-10.
