Visionnage des oeuvres - Texte 1
Si on peut comprendre que, dans une logique d’inventivité, les outils et les modus operandi permettant la conception de films animés directement sur pellicule répondent à la variabilité des intentions et à des adaptations constantes, on pourrait en revanche penser que le processus de visionnage des films permettant de tester l’animation, le synchronisme entre son et image, etc., soit reconduit d’un film à l’autre. En effet, la logique de production de ce type de film, visant la praticité et l’accessibilité, aurait pu conduire à instituer, au sein du studio d’animation de l’ONF, un système qu’aurait pu réutiliser tout cinéaste cherchant à concevoir un tel film. Or, si certains dispositifs s’avèrent bel et bien communs à plusieurs films, force est de constater que, même à ce stade de la conception de leurs œuvres, les animateurs de l’ONF ont pu mettre en place des méthodes bien différentes, participant de l’inventivité formelle de ces objets filmiques.
Norman McLaren est l’un des premiers à se poser la question du « test » de l’animation : comment s’assurer que cette dernière fonctionne, sans avoir à passer par un développement de la pellicule, qui coûte toujours assez cher[1]? La méthode de McLaren était de passer par l’usage d’une moviola, lui permettant de vérifier son travail en temps réel, c’est-à-dire à la fois l’animation et la gravure du son sur pellicule.
