Vers un seul support pour les sons et les images : l’oscillographe et ses suites - Texte 3
Il s’agissait d’un procédé basé sur l’utilisation d’un « arc chantant » qui visualisait les vibrations sonores provenant d’un microphone; un appareil cinématographique placé tout près pouvait filmer l’arc. Jusqu’ici rien de vraiment nouveau par rapport à d’autres systèmes, mais l’originalité d’Ernst Ruhmer réside dans le fait qu’il était parvenu à reproduire le son photographié. Voilà comment il s’y prenait : pour « la reproduction, il utilisait une lampe à arc, le rayon lumineux étant interrompu par le diagramme des sons enregistrés sur le film, la lumière agissait ensuite sur la cellule au sélénium excessivement sensible reliée à une paire de récepteurs téléphoniques. La lumière agissait sur le film après avoir traversé un système optique comportant lentille cylindrique et fente optique[7] ». Évidemment, avec un tel dispositif, la qualité de la reproduction sonore ne devait pas être des meilleures, puisque le son était transmis par de simples récepteurs téléphoniques et les microphones employés à cette époque pouvaient, au plus, transporter le son à une petite distance, sans vraiment l’amplifier. Ernst Ruhmer avait toutefois réussi à le reproduire sans trop s’intéresser à cet aspect, car il ne semblait pas captivé par les retombées « spectaculaires » d’une telle prouesse. Il ne songe donc pas à la reproduction synchrone avec les images animées. Comme l’a écrit Maurice Noverre, « Ruhmer ne s’intéressait pas au problème de la synchronisation du mouvement et du son. Le but de ses recherches était les phénomènes des effets de la lumière sur le sélénium[8] ».
