Vers un seul support pour les sons et les images : l’oscillographe et ses suites - Texte 2

Nous choisissons ici de nous concentrer sur l’oscillographe. En France, une nouvelle application commence à être expérimentée. Il s’agit de l’oscillographe galvanométrique de l’ingénieur des ponts et chaussées André Blondel[4], inventé en 1893. Rappelons que cet instrument repose sur les mêmes principes que le galvanomètre à cadre mobile Deprez-d’Arsonval (1882), un instrument qui servait à constater l’existence, la direction et l’intensité des courants, et dont la construction repose sur l’action directrice des courants sur les aimants. Blondel, qui travaillait à cette époque sur les propriétés des moteurs asynchrones et synchrones, cherchait à enregistrer les courbes des courants alternatifs. Il introduit dans le galvanomètre « classique » de nouveaux éléments, comme un petit miroir mobile, un condensateur optique, une lampe, une chambre noire dans laquelle le papier photographique peut se déplacer. L’inscription qu’il parvient à obtenir suit le schéma suivant :

le faisceau lumineux sortant d’un condensateur optique et limité par un diaphragme venait se réfléchir sur le miroir de l’oscillographe pour être ensuite concentré par une lentille cylindrique sous forme d’un spot laissant la trace de ses vibrations sur le film sensible[5].

Après de nombreux essais, c’est finalement le 11 novembre 1901 que Blondel présente à l’Académie des sciences cette version perfectionnée de son oscillographe (parfois connu sous le nom d’« oscillographe bifilaire »). Après quoi, l’oscillographe est mis en fabrication par les Ateliers Jules Carpentier. Il fera l’objet de plusieurs améliorations et il sera supplanté bien plus tard par l’oscillographe cathodique.

Or, si l’oscillographe de Blondel est fabriqué en série pour les besoins de l’industrie électrique, il n’en reste pas moins que son système d’enregistrement constitue le prototype des systèmes à ondulations repris par d’autres scientifiques travaillant sur des sujets sensiblement différents, comme la physiologie de la parole ou la marche de l’homme, mais aussi par les pionniers du synchronisme entre le son et l’image mouvante :

Il était donc naturel que pour enregistrer les voix ou les musiques sur un film cinématographique, on ait pensé à utiliser cet appareil. Il était si bien conçu qu’il n’y aurait plus qu’à lui apporter quelques modifications mineures pour l’adapter à l’enregistrement sonore[6].

Malgré la richesse de ces expérimentations, aucune de ces techniques ne pouvait reproduire le son qui avait été fixé sur un film en celluloïd ou sur une bande de papier sensibilisée. Donc, avant 1900, personne n’avait encore réussi à reproduire les sons enregistrés par les systèmes précédemment énoncés. Les premiers essais sur la voie de la restitution sont dus à Ernst Ruhmer, un physicien allemand, et à deux Français, Eugène Lauste et Henri Joly. Le premier travaille sur cette idée dès la fin du XIXe siècle, imaginant un appareil reproduisant les sons enregistrés sur le film cinématographique auquel il donne le nom de « photographophone », réalisé vers 1902.

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Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

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© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

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Date de modification de la fiche

2022-10-11

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