Mothlight, l’autocrémation de Stan Brakhage : du langage poétique à l’usage - Texte 4
Les phalènes constituent le sujet du film, mais aussi son matériau de base. En effet, Brakhage et sa femme ont amassé plusieurs fragments d’insectes pour que l’artiste puisse les coller sur la pellicule 16 mm. On note aussi que des fleurs et d’autres morceaux de plantes sont intégrés dans la matière du film, un choix effectué par le réalisateur pour représenter l’environnement du protagoniste (le papillon de nuit). La notion de film-herbier est également importante, car au lieu de rendre ce projet aussi organique, Brakhage aurait pu simplement filmer les papillons en utilisant les mêmes codes visuels que dans la plupart de ses autres films, soit des mouvements rapides de l’iris de la caméra afin de produire un montage saccadé fait sur mesure pour imiter la perception qu’en a sa propre vision.
