Les logiciels de modélisation 3D comme outils de prévisualisation - Texte 1

Depuis leur apparition au siècle dernier, l’usage de logiciels servant à modéliser des objets en infographie 3D s’est généralisé dans différents domaines, dont l’architecture, l’ingénierie, les sciences appliquées et les techniques industrielles. En langue anglaise, le terme previs tend à désigner l’animatique réalisée par le biais d’une catégorie particulière de ces logiciels qui sont utilisés pour le cinéma et la télévision. En plus de la modélisation, ces logiciels d’infographie 3D permettent l’animation de personnages synthétiques, notamment pour réaliser des séquences animées représentant diverses scènes comme envisagées préalablement au tournage.

De telles « animatiques 3D » sont utilisées à partir des années 1990 dans le domaine des trucages cinématographiques, à une époque où les studios américains délaissent les effets dits « spéciaux » ou « mécaniques » (maquettes et miniatures, décors en trompe-l’œil, figurines animées à la main, etc.) en faveur des « effets visuels » fabriqués par ordinateur. Ces effets innovateurs impliquent des coûts élevés et des délais parfois importants : afin de limiter les incertitudes et de préciser les intentions du réalisateur, il devient rapidement une habitude de réaliser des animatiques avant d’entamer le travail sur les modèles polygonaux desquels relèveront les images finales.

Avec la numérisation grandissante de la chaîne de création filmique et un souci constant de la part des producteurs d’optimiser les ressources disponibles, les animatiques 3D se révèlent beaucoup plus avantageuses que leurs équivalents dessinés. En employant les mêmes logiciels pour la prévisualisation et les effets eux-mêmes, les infographes ont la possibilité de réutiliser au besoin les différents éléments créés de la sorte, et ainsi de réduire les doublons dans les tâches de fabrication des images. Mieux encore, il est possible de recycler les données numériques entre les divers dispositifs employés lors de la production : la captation de mouvement d’un comédien servira à l’animation de sa doublure dans l’animatique, alors que les comportements de la caméra virtuelle seront transférés vers une grue automatisée située sur le plateau, et qui reproduira la même trajectoire durant le tournage en milieu réel[1]. Comme le suggèrent ces exemples, l’usage de l’infographie 3D en prévisualisation est particulièrement associé aux superproductions hollywoodiennes, mais il est également de plus en plus répandu dans les médias que sont la télévision et la publicité à mesure que ces dernières adoptent avec enthousiasme l’imagerie de synthèse.

Mises à part des considérations logistiques ou budgétaires, ce sont les latitudes créatives de la prévisualisation numérique qui retiennent l’attention des artistes du cinéma. À la différence du scénarimage ou des animations dessinées, les animatiques 3D s’inscrivent dans un environnement virtuel déployé sur trois axes. Ces animatiques se distinguent ainsi des autres formes de préparation visuelle en privilégiant l’expérimentation lors de leur fabrication : par l’entremise des artistes-infographes, le réalisateur peut explorer à sa guise différentes permutations possibles quant au comportement de la caméra (cadrage, angles, mouvements, choix de lentille, etc.), voire de la mise en scène elle-même, et étudier à loisir ces diverses incarnations de sa vision du film avec les comédiens et les techniciens qui seront sollicités pendant la véritable prise de vues.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/16761p/5204

Date de modification de la fiche

2023-02-06

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