Des années 1970 à aujourd’hui : de l’IMAX au numérique - Texte 1
Après les années 1960, l’intérêt pour le cinéma immersif, associé à un cinéma spectaculaire, chuta considérablement. De la Nouvelle Vague française au Nouvel Hollywood américain, le cinéma était alors à la recherche d’un certaine « authenticité » et d’une plus grande indépendance vis-à-vis des studios. Les innovations immersives, et les films « monumentaux » qui les accompagnaient souvent, se firent alors de plus en plus rares. On peut recenser quelques propositions dans les années 1970, principalement dans le domaine du son : par exemple, le système Surround mis au point pour le film Tremblement de terre (Mark Robson, 1974) ou le procédé Dolby Stereo utilisé pour la première fois par George Lucas pour La guerre des étoiles (1977).
Dans les années 1970 et 1980, on peut également citer la tentative de Douglas Trumbull avec son dispositif Showscan. Plus connu comme superviseur d’effets visuels pour de grands films de science-fiction (dont 2001 : L’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick), Trumbull a aussi beaucoup expérimenté pour le cinéma immersif. Au milieu des années 1970, il commença à développer le procédé Showscan au sein d’un service de recherche de la Paramount nommé « Future General ». Dans l'extrait vidéo ci-dessous, Trumbull présente le Showscan. Ce procédé se basait notamment sur l’utilisation d’une pellicule 70 mm. Les travaux de Trumbull sur le défilement de l’image lui permirent de proposer aussi un défilement de 60 images par seconde. Le dispositif permettait de projeter des images grand format à la qualité et à la luminosité exceptionnelles. Toutefois, il rencontra les mêmes problèmes que les dispositifs précédents. Puisqu’il nécessitait aussi des changements dans les cabines de projection des salles, il ne parvint pas à s’imposer dans l’industrie du cinéma. C’est avec ce procédé que Trumbull devait tourner son film Brainstorm (1983), dont l’une des thématiques principales est justement l’immersion. Mais la MGM y renonça, et seules certaines séquences furent tournées en 70 mm et avec un défilement normal. Par la suite, le Showscan fut alors surtout utilisé par des parcs d’attractions, notamment le parc Futuroscope à Poitiers, en France.
