Avant Paillard - Texte 4
Ce n’est pas à Genève que l’industrie rêvée par Jean Choux se déploiera dans toute son ampleur. À l’instar des artisans horlogers qui, un siècle plus tôt, avaient quitté Genève pour gagner la vallée de Joux, l’industrie suisse du cinéma amateur migre vers Sainte-Croix, petite commune vaudoise perchée à 1000 m& d’altitude. En 1930, Boolsky et son partenaire Charles Haccius cèdent la totalité de leur affaire Bolex à l’entreprise de petite mécanique E. Paillard & Cie, établie depuis 1814. Issue de la tradition de l’horlogerie et des boîtes à musique qui a fait la renommée de la région, Paillard est surtout connue à cette époque pour ses gramophones, vendus sur tous les continents. Insatisfait du rendement de sa branche de machines à écrire et craignant le contrecoup de la crise économique, le président Albert Paillard voit dans l’acquisition de Bolex S. A. l’occasion de se positionner rapidement dans un nouveau secteur d’activité. Le rachat ne se fait cependant pas sans heurts, et divers problèmes d’ordre économique et technique précipitent la rupture entre Albert Paillard et Boolsky, qui quitte l’entreprise en 1932 avant la fin de son contrat. C’est alors à Marc Renaud, ingénieur de 26 ans embauché depuis peu, qu’incombe la conception d’une nouvelle caméra Bolex, répondant aux standards de qualité et au mode de production industriel de l’entreprise.
