L’histoire matérielle d’un film nitrate, première partie : l’exploitation - Texte 7
Il n’existe aujourd’hui aucune copie de première génération de L’aurore (Friedrich Wilhelm Murnau, 1927). Cette absence explique la qualité inégale de toutes les copies ayant subsisté et qui ont été retrouvées à ce jour. De même, ce qu’il reste de L’oiseau bleu (Maurice Tourneur, 1918) n’a que peu à voir avec les copies originales soigneusement teintées et virées qui avaient été tirées du négatif caméra. Les institutions patrimoniales n’ont d’autre choix que d’accepter ce qu’elles ont dans leurs collections, en espérant que des éléments de meilleure qualité finiront par refaire surface. En de rares occasions, la patience est récompensée par le fruit du hasard, comme ce fut le cas en 1981 lorsqu’une magnifique copie nitrate 35 mm de La passion de Jeanne d’Arc (Carl Theodor Dreyer, 1928) fut découverte dans le sous-sol d’un hôpital psychiatrique en Norvège.
