L’histoire matérielle d’un film nitrate, première partie : l’exploitation - Texte 5
Le premier agrandissement de Metropolis de Fritz Lang reproduit ici (a) est tiré d’un positif nitrate 35 mm de première génération. Le deuxième (b) provient d’un positif triacétate de cellulose de 35 mm de génération inconnue, sans doute la troisième, produit en 1987. Le dernier agrandissement (c) montre le même plan tel qu’il apparaît sur une copie 16 mm faite en 1954. La différence entre le premier et le dernier élément de la série est palpable. Il est impossible de dire combien de générations les séparent. La perte peut se cumuler sur de nombreuses générations, mais il suffit parfois d’un seul tirage bâclé – comme celui qui figure ci-dessous – pour que l’image devienne une piteuse copie d’elle-même au sommet de l’arbre généalogique, à des années-lumière du Metropolis de 1927. D’un autre côté, on note peu de différences entre (b) et (c). Dans les deux cas, l’intertitre est à peine lisible. Le contraste et la granularité de la copie 35 mm surprennent sachant qu’en théorie elle devrait être nettement meilleure qu’une version 16 mm. Il y a deux explications possibles à ce phénomène : un développement inadéquat de la pellicule 35 mm peut être en cause, mais il se peut aussi que la copie 16 mm ait été tirée à partir d’une source plus ancienne que celle utilisée pour la copie 35 mm de 1987.
