L’histoire matérielle d’un film nitrate, première partie : l’exploitation - Texte 1

La généalogie d’un film : un processus de sélection naturelle

N’importe quelle copie d’un film projeté à l’écran – en format argentique ou numérique – vient avec son histoire. Cette copie n’est pas une entité abstraite qui, au nom de la postérité, s’est perpétuée naturellement en suivant le cours logique de l’histoire. Elle est une survivante, le résultat d’un processus de sélection complexe et souvent aléatoire qui n’est pas sans rappeler le schéma évolutionniste de Darwin.

Selon la formule-choc adoptée dans les années 1980 par la communauté cinématographique pour sensibiliser les gens à l’urgente nécessité de préserver le patrimoine du septième art, environ 80 % de tous les films muets auraient disparu en raison d’une conservation négligente des négatifs et positifs, de leur dégradation naturelle ou de leur destruction intentionnelle. Après plusieurs décennies de recherches et d’efforts soutenus de la part des cinémathèques et des institutions d’archives aux quatre coins du monde, cette estimation doit être revue, dans un sens à la fois positif et négatif. Si l’on considère tout d’abord le nombre total de films muets qui sont sortis en salle, près d’un tiers ont aujourd’hui été sauvés, quoique pas nécessairement préservés. Le taux de survie du cinéma muet atteindrait donc plutôt 32,5 %, une hausse encourageante par rapport au chiffre de 20 % avancé précédemment.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/08553s/4368

Date de modification de la fiche

2022-07-31

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